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ENVIRONMENT/NACRÉ : LA CARRIÈRE QUI INQUIÈTE

ENVIRONMENT/NACRÉ : LA CARRIÈRE QUI INQUIÈTE

    Vue de la carrière de Nacré

 

Le Togo connait une urbanisation galopante depuis quelques années,  une conséquence de l’amélioration progressive des conditions de vie des populations grâce aux efforts visibles du gouvernement auxquels s’ajoute l’apport très significatif de la diaspora togolaise qui investi énormement dans le secteur du batiment afin d’offrir un logement descent aux parents restés au pays. C’est ce qui justifie la demande de plus croissante en matériaux de construction et la prolifération de nouveaux métiers dans le secteur du bâtiment comme l’extration et la commercialisation du sable ou du gravier qui, malheureusement ont un impacte négatif considérable sur notre environment. À Nacré dans la commune de Tône de 3 l’extraction du gravier est en passe de provoquer un désastre environmental.

 

La commune de Tône 3 est la plus grande pourvoyeuse de gravier dans la préfecture de Tône avec deux grandes carrières à Nyoukpourma et à Nacré. Si à Nyoukpourma le gravier se ramasse pour la grande partie en surface , cela n’est pas le cas à Nacré où il faut piocher les blocs de pierres dans le flanc de la Colline avant de procéder au concassage. Située au bord de la route à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Dapaong , la carrière de gravier de Nacré attire l’attention des passants à travers les bruits secs des pioches , le jaillissement des étincelles et la poussière qui s’élève au dessus du site qui a plus l’aspect d’une mine aurifère. De larges et profonds trous creusés dans la colline à l’aide des pioches afin d’y extraire le précieux sésame se succèdent et se confondent . Difficile de croire sans voir  qu’il s’agit de l’oeuvre des mains de femmes et des enfants . La nuit tombe presque  et la carrière est vidée de ses occupants. Des tas de gravions concassés de différentes tailles s’alignent à perte de vue. Félicité , 10 ans et élève en classe de CM1 est la seule à être encore sur le site. Au fond du trou, elle s’efforce à donner désespéremment des coups de pioche au sol rocailleux qui, visiblement pas trop généreux libère quelques morceaux après plusieurs coups. La petite à l’air bien fatiguée mais accepte se confier à nous: ” Je viens souvent aider ma mère ici chaque fois que je n’ai pas classe. Mon père est allée en aventure au Ghana et c’est notre mère qui s’occupe de mes petits frères et moi. Elle vient de partir mais moi j’ai décidé de travailler encore un peu avant de rentrer”. Ici, le gravier se vend par camion benne. Il faut pouvoir remplir un camion pour obtenir 15000f et selon la fillette ,c’est au bout de deux semaines d’intense labeur quand on est seul. L’intérieur de la carrière est un véritable labyrinthe .” Pendant la saison des pluies, l’eau remplie les trous et nous sommes obligés de les vider avant de pouvoir piocher” ajoute Félicité.
La colline éventrée et dénudée s’étend à perte de vue sans le moindre arbre ni herbe. Pas de service après vente , les trous sont abandonnés en l’état dès qu’il deviennent plus profond et les exploitants s’attaquent à un autre endroit. L’on se se demande par quelle alchimie on pourra les refermer et si possible penser à reboiser le site.
L’ activité d’extraction de gravier nourrit des dizaines de foyers à Nacré et ses environs . Fermer la carrière ne serait pas la solution mais il faut trouver une meilleure formule pour redonner à la terre ce qu’on lui a pris. Vivement que les autorités communales trouvent une alternative pour mettre un terme à ce scandale environmental.

La rédaction

 

 

 

 

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