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SAVANES: LA FORMATION PROFESSIONNELLE DES JEUNES FILLES,UNE PERTE DE TEMPS ET D’ÉNERGIE?

SAVANES: LA FORMATION PROFESSIONNELLE DES JEUNES FILLES,UNE PERTE DE TEMPS ET D’ÉNERGIE?

Les programmes scolaires en afrique francophone en générale ne répondent plus aux exigences du marché actuel de l’emploi. Des programmes désuets continuent d’être dispensés dans les écoles et universités déversant par milliers chaque année des jeunes ” inutiles” à la société. Pour certains parents, le plus court chemin consiste à envoyer leurs enfants dans des centres de formation professionnelles. Mais cette situation semble de nos jours ne plus être la solution car plusieurs jeunes en fin de formation peinent à se tirer d’affaires.

L’une des conséquences de la mort de l’école togolaise est la déperdition scolaire . Le système du passage automatique a enseveli totalement un système éducatif agonisant qui n’attendait que le coup fatal . Très tôt beaucoup de jeunes surtout en milieu rural abandonnent les classes sans avoir achevé le cycle primaire. Ils retrouvent très souvent le chemin de l’aventure pour aller travailler dans plantations au Ghana, au Nigeria ou en Côte d’ivoire pour les garçons, et pour les filles, servir dans des ménages comme domestiques. Depuis quelques années, les sensibilisations des organisations non gouvernmentales officiant dans la lutte contre le trafic des enfants, la promotion des droits de l’enfant et de la jeune fille ont permis de venir à bout de ce phénomène même si des poches de résistances tentent de tenir tête surtout dans les zones frontalières. Les enfants déscolarisés sont désormais placés en apprentissage auprès des maîtres d’ateliers pour y avoir une formation professionnelle . Malheureusement les réalités du terrain nous laissent comprendre cette sagesse populaire qui dit que ” C’est ce qui a tué le poussin qui a éteint le feu”. Le tableau est davantage interpellant pour le cas des jeunes filles.

Coiffeuses, couturières, tapissières, tisserandes, boulangères, tricoteuses, etc, on les compte par dizaines dans les ateliers ou centre d’apprentissage dans nos villes et villages. Dans certains centres , elles sont plusieurs dizaines à s’entasser sans rien faire par manque de clients, avec des maîtres formateurs toujours absents . Certaines sont exploités dans les champs ou réduites à faire les tâches ménagères à longueur de journée . Celles qui résistent peu se font enceinter et bienvenue la bagarre entre patrons d’ateliers , parents d’apprentis et futurs époux. Pour d’autres dont les parents, grâce à la générosité de la pauvreté se retrouvent incapables de payer les frais du contrat d’apprentissage , elles finissent par abandonner sans parvenir au terme de leur formation. Les plus téméraires , au bout de trois ans de formation, parviennent miraculeusement à décrocher leur certificat de fin d’apprentissage sans même avoir réussi à maîtriser pour la plupart d’entre elles, les notions élémentaires .

Voilà la tableau peu reluisant de la formation professionnelle dans notre pays. Ainsi elles sont nombreuses , après avoir perdu plus de trois ans à s’user les fesses dans les ateliers, ces couturières devenues revendeuses de farine de petits poissons, des tapissières revendeuses de bouillie, des coiffeuses transportant de la kola dans les rues, des tisserandes vendeuses de cure-dents, etc. Peu sont ceux qui, sortis de formation parviennent à ouvrir leurs propres ateliers et vivre de leur métier.

Malgré cette situation inquiétante, envoyer les enfants en apprentissage semble devenir la mode surtout dans la région des savanes . Les ateliers continuent de se remplir chaque année et les maîtres formateurs pour la plupart ne pensent qu’à se remplir les poches en encaissant les frais de formation sans se soucier du devenir de leurs apprentis.

À qui la faute ?

 

Robert DOUTI

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