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SAVANES: IMMERSION DANS L’INDUSTRIE DE LA MORT

SAVANES: IMMERSION DANS L’INDUSTRIE DE LA MORT

 

“C’est de la mort de la chèvre du voisin qu’on profite de la peau pour se faire un nouveau tam-tam” , cet adage populaire trouve tout son sens dans le business de la mort qui , aujourd’hui prend une propension inquiètante, la mort prenant de plus en plus une place grandissante dans la vie des vivants.

Aussi curieux que cela puisse paraître, le décès ,cet évènement malheureux est devenu de nos jours une occasion pour les professionels des métiers de la mort de se faire une santé financière . L’on se rappelle que dans les années 80 , un morguier en service au CHR de Dapaong, feu KOUONA s’était rendu tristement célèbre par la vente des tombes , une activité que le commun des mortels avait trouvé d’ imorale car pour beaucoup à l’époque , c’était inadmissible pour un humain de vivre de la mort. Le pauvre morguier doit se retourner aujourd’hui dans sa tombe car de nos jours, le business de la mort est devenu beaucoup plus florissant.

Dès qu’une personne perd la vie, pendant que les larmes coulent , vite , il faut chercher la natte mortuaire ( soon’g) et “le cache sexe mortuaire (fao’g) s’il faut procéder le même jour à l’inhumation . La confection et la vente de ces deux objets indispensables en pays moba pour les rites d’enterrement est jusqu’à ce jour reservée aux vieilles femmes et très souvent, dans les familles où résident des personnes âgées, on achetait toujours ce matériel pour garder afin de ne pas se faire surprendre par la mort , cet invité surprise. Et pour ce genre de décès dont l’enterrement et les funérailles se font à la va- vite, il n’y’a que les revendeuses de la bière locale , ceux des liqueurs frelatés , des bonbons, de colas et de déodorants qui empochent de maigres sous et très souvent on qualifie ces morts de ” non juteuses” parce qu’elles génèrent peu de revenus. Par contre, la mort de certaines personnes peuvent constituer une véritable opportunité d’affaire !

Si autrefois on jugeait une homme ou une famille par le style cossue de son habitation ou le nombre de têtes de bêtes de son parc, de nos jours , la société a poussé le cynisme à son comble au point de faire des obsèques d’un parent ou d’un proche un indice de perception de la réussite sociale. La sobriété qui entourait cette cérémonie n’est plus au rendez- vous et les morts sont devenus plus importants que les vivants. Du peintre du quartier en passant par les pompes funèbres et tout les petits métiers qui gravitent autour , chacun y trouve sa part à commencer par le mort lui-même qui ,semble t-il se glorifierait d’avoir eu droit à des funérailles grandioses ! Il faut imprimer des faire- parts, passer les avis de décès dans les media, confectionner des posters, des t-shirts ,des porte-clés ,des casquettes,des gobelets ,des fanions et même aujourd’hui des bavettes, tous à l’effigie du disparus et cela génère des revenus aux prestataires de ses services. Infographes , photographes, caméramans sérigraphes , couturières fleuristes , vendeurs de pagnes, de cercueils, danseurs , propriétaires de sonorisation, bailleurs d’apatams ,plats & chaises, décorateurs, Disc jokers, chorales, prêtres et pasteurs se frottent tranquillement les mains et louent même le ciel pour cette occasion à eux gracieusement offerte. L’amour de l’argent a rendu l’homme incrédule et impotoyable.

Le constat est clair, l’industrie de la mort se porte bien et promet un avenir radieux à ceux qui ont eu l’ingénieuse idée d’être les précurseurs dans ce secteur qui génère des millions chaque weekend. Visiblement , il n’est pas exclu d’assister  bientôt  à une véritable concurrence dans ce domaine très porteurs avec des nouveaux opérateurs économiques  mortuaires qui pourraient y apporter des innovations.

Robert DOUTI

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