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CHRONIQUE: GAGNER AUJOURD’HUI LES GUERRES DE DEMAIN

 

Par Robert DOUTI

” _Le terrorisme prend toujours racine là où les liens sociaux sont distendus par la pauvreté et l’absence de perspectives”_ disait Faure GNASSINGBE dans son adresse à la nation le 30 décembre dernier . Ces propos témoignent de la prise de conscience par le chef de l’ Etat de ces petits maux qui minent notre société et qui peuvent être source de bouleversements sociaux. Si les beaux discours du Président Faure étaient accompagnés d’actes, l’on saluerait ceci. Malheureusement tel n’est pas le cas en dépit de certaines réalités de terrain qui sont évidentes, connues et vécues par tous mais qui n’émeuvent ni inquiètent personne. C’est le cas de la région des savanes, à la frontière du sahel, large et fragile porte d’entrée du terrorisme qui est la région la plus pauvre du Togo.

En effet, selon l’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages réalisée par l’INSEED de 2018 à 2019 et dont les résultats ont été présentés en 2020, la région des savanes caracole toujours en tête avec plus de 65% de populations pauvres, une bien malheureuse bonne nouvelle pour la pléiade d’ONG & Association de la région qui auront encore et pour longtemps, des raisons pour justifier leur existence. Complices ainsi du supplice des populations, elles auront encore d’arguments pour solliciter et obtenir des fonds des partenaires au dévéloppement.

Point n’est bésoin de rappeler que depuis le lendemain de la conférence nationale souveraine, la multitude d’ONG qui prétendent oeuvrer pour le dévéloppement de la région des savanes, n’ont presque rien fait en réalité et c’est malheureusement dans l’ordre normale des choses car les ONG doivent leur existence à celle de la pauvreté comme la diplomatie et l’action humanitaire doivent les leurs à l’existence des crises.

Les populations des savanes malgré leur bravoure face aux caprices que leur impose dame nature ( sols très pauvres, climat rude, pluviométrie insuffisante) se battent avec des moyens rudimentaire pour leur survie. Région par excellence de l’élevage et du maraichage , il ne manque qu’une poignée de réelle volonté d’engagement de l’Etat pour un véritable décollage économique de cette partie de notre pays. Cet accompagnement passera non seulement par un peu plus de regard dans les actions des ONG et associations mais aussi la réalisation des ouvrages d’eau et la réhabilitation des retenues existentes pour réduire significativement la dépendances des maraîchers des caprices de dame nature.

Cette action non seulement mettra fin à la souffrance des maraichers mais aussi réduira significativement la mort des dizaines d’entre eux qui sont engloutis chaque année sous la boue des puits maraichers de fortune , abandonnant veuves et orohelins sur le champ de la lutte pour la survie.

Il paraît que la meilleure stratégie de guerre est celle qui consiste à soumettre l’ennemi sans avoir à l’affronter. Nos gouvernants et leurs conseillers des palais le savent mais on se demande bien s’il existe une réelle volonté de gagner aujourd’hui la guerre que l’on nous impose ! Oui, gagner la guerre qui nous est imposée, celle contre le terrorisme demande une capacité d’anticipation de plusieurs décennies , voire plusieurs générations et cela risque d’être difficile si les dirigeants et une bonne partie de leurs militants intrépides restent totalement allergiques à l’analyse critique et aux cris de détresse du bas peuple

En plus d’être ouvert aux critiques et autres propositions constructives d’où qu’elles viennent , il faut une réelle volonté de travailler sérieusement à faire reculer davantage la misère de nos régions de l’intérieur et partant, de l’ensemble du pays car ceux qui tendent des boites vides aujourd’hui et recoivent l’insouciance seront ceux – là même qui nous tendront les armes demain pour nous prendre non seulement nos biens mais aussi ce que nous avons de plus cher, notre vie.

Ces oubliés de la société, ils sont nombreux et partout, un terreau fertile d’où peuvent naître les gènes du djihadisme et où il peut prospérer si rien n’est fait pour réduire ces poches d’où , l’ennemi en toute quiétude pourra tirer sa substance pour alimenter les rangs de son armée et défendre son idéologie jusqu’a ce que les gouvernants ne prennent davantage conscience de la mal gouvernance et l’insouciance populaire face à la misère.

Quoi que l’on puisse dire , tout est question de volonté politique et en bon chef des armées et véritable stratège , le Président Faure a fait son constat et est attendu dans les actes afin de mieux le juger.

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